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Chez l'homme, une chevelure longue et opulente est traditionnellement l'expression de la force vitale, qui se régénère sans cesse et est souvent associée au pouvoir politique. Ce pouvoir de la chevelure est évoqué dans la Bible avec l’histoire de Samson (« Livre des Juges ») que Dalila transforme, en l'amputant de sa chevelure, en un être désarmé et impuissant. Dans la Grèce archaïque et dans la Rome antique, les cheveux longs sont le privilège de la noblesse et des guerriers. Ce qui explique que Jules César ait dissimulé sa calvitie (tenue pour une disgrâce) sous des couronnes de laurier. Dans le bas Moyen Âge, il convient, pour conserver noblesse et pouvoir politique, de garder les cheveux longs. Louis XIII et Louis XIV auraient développé, quant à eux, le port de la perruque, se devant d'affirmer leur puissance par une abondante chevelure.
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Chez la femme, la longue chevelure est un atout de séduction et de beauté. Selon Charles Kingsley « à travers les siècles, les cheveux n'ont cessé de refléter le degré de répression ou de liberté sexuelle en toute société ». Paradoxalement pourtant, les cheveux longs ont parfois été exaltés par l'Église : dans l’iconographie chrétienne, la longue chevelure de Marie-Madeleine, de Marie l'Égyptienne, ou de sainte Agnès n’est-elle pas un vêtement naturel qui leur permet de voiler pudiquement leurs charmes, même si cette chevelure en suggère la beauté, comme magnifiée par le regard de Dieu ?
Apparue dès l'Antiquité, la perruque connaît son heure de gloire aux xviie et xviiie siècles. Sans doute a-t-elle à l'origine pour vocation de cacher une calvitie ou un manque de cheveux. Mais plus vraisemblablement — et davantage que les coiffures naturelles —, la perruque est l’affirmation et la revendication — jusqu'à sa quasi-disparition au xixe siècle — d’une appartenance à une certaine catégorie sociale, même si le port d’une perruque dénote par ailleurs, dans un phénomène de mode qui en a parfois rendu ridicules les excès, une volonté d’accroître le pouvoir de séduction. La perruque peut donc être tenue pour un prolongement de la chevelure et répond à des finalités qui ne sont pas dissemblables de celles couramment attribuées aux coiffures naturelles.
ORNEMENTS ET SOINS CAPILLAIRES
Il existe depuis toujours de nombreuses « recettes » sur la manière d'entretenir les cheveux. Déjà, dans la Rome antique, le poète Plaute insistait sur le fait qu'il fallait, pour parer une personne de haut rang, « un attirail aussi important que pour équiper une trière ».
Les nombreux objets — coffrets de toilette, cuillères à fard, épingles, miroirs, brosses, peignes — fabriqués au cours des âges témoignent de l'extraordinaire importance accordée à la coiffure. Dans cette recherche esthétique, non dénuée parfois de démesure, il est fait usage de multiples accessoires ainsi que d'onguents, de pommades et de parfums. Le cheveu est associé aux essences les plus rares et les plus sophistiquées, mais également aux matières les plus nobles (or, ivoire, pierres précieuses) et les plus ostentatoires (plumes). Sans ordonnancement, couleurs ou odeurs, il n’est point de coiffure.
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