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Les masques forment une gamme d'objets diversifiés : loup ou demi-masque, cagoule, masque-costume, heaume, sculpture portée sur tête et épaules… Ils diffèrent beaucoup en forme, en dimensions et en poids. Le plus souvent, les masques sont figuratifs, mais le réalisme sculptural du visage humain (chez les Dan, en Côte d'Ivoire, ou chez les Fang, au Gabon) est parfois confronté à d'autres tendances : surréaliste (Inua du saumon, Alaska), géométrique (Kanaga Dogon, Mali), symbolique (Barong et Rangda, Indonésie ; Dionysos, Grèce antique) et abstraite (Caraja, Indiens d'Amazonie). Pour leur fabrication sont utilisées la plupart des matières, mais bois, végétaux, cuir et plumes sont les matières les plus fréquentes. Des matières organiques entrent aussi parfois dans leur composition (crâne surmodelé, Océanie ; tête de calao, Niger)
Se cacher est un jeu universel pour lequel l'enfant n'a pas besoin d'accessoires élaborés. Pour devenir fantôme, un simple drap blanc fait l'affaire. Mais il y a dans le plaisir de ce jeu une ambiguïté qui vient de nos racines : « on se change en » fantôme, en sorcière, etc.
Le loup, demi-masque de satin ou de velours, n'occulte qu'une partie du visage en faisant d'un simple regard un mystère. Ne pas être reconnu, tel était le but du bal masqué sous l'Ancien Régime. Dans les fêtes princières, ce jeu bousculait les règles habituelles et pimentait les relations entre hommes et femmes de la cour, l'incognito permettant de transgresser les interdits. Le bal masqué était encore très courant au XIXe siècle.
Le carnaval de Venise a popularisé les images de beautés aristocratiques mystérieuses dissimulées sous le demi-masque noir. Mais le demi-masque a servi également la cause des bandits d'honneurs et des justiciers. On le retrouve dans l'image des héros populaires, de Fantômas à Zorro et à Batman.
Le carnaval est un héritage de la religion romaine. Limité au Mardi gras et au mercredi des Cendres, il est encore dans quelques villes d'Europe l'occasion de dissimuler son identité pour s'amuser, pendant les mascarades et défilés de chars dans les rues (Binche, Cologne, Nice, etc.). Dans la France du Moyen Âge, les déguisements du peuple, particulièrement en cerf, en ours et en âne, furent fréquemment interdits : l'Église redoutait les processions satiriques à visage caché et leurs débordements populaires, comme ceux de la Fête des fous. À Aix-en-Provence, la fête fut interdite définitivement vers 1850.
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